06-01-2009
 
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Sachez qu’il regrette ses heures perdues à parler de tout et de rien avec ses copains.

Car, s’il a réussi son baccalauréat en 1997, il n’a pas eu de mention. Un critère de taille pour aspirer aux grandes écoles. Le plus désolant : son bulletin. Un dix-huit en mathématique, mais un deux en histoire géographique. Sa stratégie de tri des matières l’a pénalisée. Aucune sélection dans un institut d’enseignement supérieur de renommée n’est possible. L’étau se resserre.

Ultime solution : l’université. Seule option : Biologie et Géologie. Passé le premier semestre, il abandonne. Ce n’est pas la formation en elle-même mais les conditions. A la faculté des Sciences, ils sont trois milles à s’inscrire en première année. L’amphithéâtre affiche complet tous les jours. Il faut se lever tôt pour être dans les premiers rangs pour suivre les cours sans être déranger. Le Hic: le transport. Pas assez d’autobus pour les 100 000 étudiants de l’Université Hassan II. A part une dizaine d’épaves ambulantes, il n y a pas d’autres moyens. Une fois arrivé à temps pour le cours, Que trouvee-t-on ? : Un prof guindé se croyant chez Thierry Ardisson et faisant la promotion de son ouvrage au prix exorbitant. Le tiers de la bourse (650 dhs par trimestre). Le contenu de son chiffon n’en vaut pas la peine. C’est souvent les recherches de sa thèse qu’il veut rentabiliser. Un autre jour, on tombe sur un petit rigolo qui se croit dans une classe de quinze personnes et oublie de parler au micro. Le jour où une tête pleine a bien envie de transmettre son savoir-faire et ses connaissances, des éléments perturbateurs interfèrent et lui confisquent son micro pour raconter leurs salades. Souvent des discours non fondés et futiles sur tel ou tel mouvement. Parfois des milliers étudiants se déplacent pour rien parce qu’une centaine d’entre eux a décidé de faire grève pour une cause insignifiante. La plupart du temps, ça dégénère. Les autorités n’y vont pas de mains molles. Rebelote. Une autre grève est déclenchée en signe de solidarité. Entre temps, des heures de cours sautent. Pas de rattrapage. Un autre problème se pose. Et, il est de taille. Celui de la langue. Au primaire et au secondaire, les matières scientifiques sont enseignées en arabe. A l’ Université, en français. Que faire ? Se débrouiller. Le plus drôle dans cette histoire. Les personnes qui ont milité pour arabiser le système scolaire marocain ont placé leurs enfants dans des écoles françaises. Ce problème, alors, ne les concerne pas. Leurs arrières petits-enfants connaîtront peut-être le calvaire de traduire des nuits entières des thermes scientifiques de l’arabe au français.

Trois mois lui ont suffit pour comprendre que l’université marocaine ne produit que des chômeurs. Il faut avoir les nerfs solides pour passer la première année, ensuite il faut se débrouiller pour réussir les autre années. Enfin il faut trouver un piston solide pour travailler. Seulement une quarantaine réalisent cet exploit. Et ce ne sont sûrement pas les meilleurs.

Pour tuer le temps en attendant de réfléchir sérieusement sur son avenir, il s’inscrit dans un cybercafé, l'unique ouvert dans son quartier à l’époque. Question de rattraper les heures perdues du lycée et de découvrir le nouveau monde virtuel. Petit à petit, il commence à s’intéresser à l’informatique. Ce qui deviendra, par la suite, une passion. Sa voie est toute trouvée. C’est décidé, il se spécialisera dans ce domaine. Sa petite famille est toute contente. Grâce au support financier de sa mère, il s’inscrit à l’Ecole Marocaine des Sciences de l'Ingénieur. C’était le 12 septembre 1999.

 


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