01-08-2010
 
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Le commencement Convertir en PDF Version imprimable

Difficile de commencer. J’avoue que j’ai du mal avec les mots. Je leur préfère les chiffres. Là, je suis bien obligé de vous servir ma littérature. Et, Dieu seul sait que je ne suis pas très doué pour la chose littéraire. J’espère que je parviendrai à vous faire aimer ces quelques lignes. Je vais vous raconter l’histoire d’un jeune homme, brun, cheveux noirs, yeux couleurs foncées, grand de taille et bien portant. Vous ne vous êtes pas trompés. C’est bien d’un arabe qu’il s’agit. Plus précisément du Maghreb. Lui, il aime dire de l’Afrique. C’est plus vaste. Sa religion, l’islam, lui a appris à accepter l’autre et à respecter sa différence.

De son enfance, il garde des souvenirs merveilleux. On le surnommait le « Chitane » (le diable). Un surnom qui lui allait comme un gant. Les membres de sa famille rient encore de ses bêtises. Il en faisait tellement. Impossible de les raconter toutes au risque de noircir des centaines pages. On retiendra que les voisins du pallier de ses parents ont déménagé à cause de ses nombreux canulars. Faire des bêtises, c’était sa manière de découvrir la vie. Aucun, aujourd’hui, ne lui tient rigueur. Il s’est beaucoup assagit avec le temps. Adolescent, déjà, on parle d’un jeune garçon poli, avenant et serviable. Mais, au lycée, il est tout à part l’élève modèle. Au lieu de trois ans, il en a fait cinq. Il avoue, lui-même, qui avait du mal à quitter son lycée. Qu'il aimait tant. Non. Pas autant. Plutôt, il séchait les cours. Avec ses professeurs, il jouait à je t’aime, moi non plus. Tous étaient d’accord pour dire qu’il était intelligent mais pas studieux. Lui, le rebelle, pensait tout simplement que certaines matières n’avaient pas lieu d’être. La philo par exemple. Pourquoi penser par Platon et ne pas penser par soi ? C’était le genre de question qu’il se posait.  Parfois, ce n’était pas la matière mais la tête du professeur qui ne lui revenait pas. Avouez quand même que d'’avoir un athée pour enseigner l’éducation islamique n’est pas toujours une situation évidente.

Pour éviter tous ses tracas, il préférait griller une cigarette devant la porte du lycée, draguant les filles, discutant des nouveaux kits d’échappement et du dernier modèle de la moto. En parlent de la moto, elle est aussi la cause, une parmi tant d’autres, de son long séjour au Lycée. Au début du deuxième semestre de la première année secondaire, un chauffard « ivre mort » l’a fauché en brûlant un feu rouge. Cinq mois à l’hôpital l’ont remis sur pieds.

Sachez qu’il regrette ses heures perdues à parler de tout et de rien avec ses copains...

 


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